Le transport urbain est, depuis longtemps, l’un des terrains de jeux préférés des entrepreneurs. Poussées par les opportunités qu’offrent les smartphones en matière de géolocalisation, les initiatives ne manquent pas pour ré-inventer le déplacement en ville.
Signe que ce secteur est en perpétuel mouvement, seulement huit ans après sa naissance, Uber, qui a bien bousculé les transports en taxi, semble vaciller devant l’engouement que suscite depuis quelques mois la location de véhicules en free floating.
Le free-floating, ou location en libre-service, consiste à mettre à disposition des usagers une flotte de véhicule sans emplacement fixe. A l’intérieur d’une zone déterminée (Paris intra-muros, par exemple), les utilisateurs n’ont qu’à localiser un véhicule disponible à proximité -sur une application mobile dédiée- pour l’emprunter avant de le remettre là où se termine leur trajet.
Inutile de chercher une borne spécifique ou de rapporter le véhicule là où on l’a pris. C’est là toute l’originalité du service.
Il séduit particulièrement les citadins qui effectuent souvent de courts trajets et ont l’habitude de combiner différents modes de transports (métro, bus, tramway, trottinette, vélo, VTC, taxi, etc.).
C’est ainsi que les offres de transport en free floating se développent dans plusieurs villes de France depuis le début de l’année. Après les vélos, les scooters ou les voitures, ce sont désormais les trottinettes qui font leur entrée dans la course.
La 17eme édition de la semaine européenne de la mobilité, du 16 au 22 septembre est l’occasion de faire un état des lieux de ces moyens de transport en free floating et des applications mobiles associées, sans lesquelles rien n’aurait été possible.

Pour pédaler en ville :
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Le vélo en libre-service est déjà bien implanté, à Paris, par exemple, où il est en plein essor. Il bénéficie d’ailleurs du retard pris par les nouveaux Velib’. Ainsi, il y a désormais plus de vélos en libre-service sans borne que de Vélib’ en circulation à Paris.
Quatre opérateurs de vélos partagés sans borne d’attache se partagent le marché : les chinois Mobike et Ofo, le franco-hongkongais gobee.bike et le singapourien Obike.
Ofo, le leader du secteur totalise entre 5 et 10 000 trajets quotidiens avec son parc de 2500 vélos dans la capitale française.
Chacun des vélos est géo-localisé grâce à un GPS intégré, et immobilisé par un cadenas électronique qui verrouille sa roue arrière. La flotte est localisée via une application qui permet à l’utilisateur de repérer le vélo le plus proche. Pour le déverrouiller, il suffit alors de scanner le code barre qui identifie chaque machine à l’aide de l’application mobile pour iPhone et Android.
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L’application permet aussi de visualiser les trajets effectués et, éventuellement, de les partager sur les réseaux sociaux.
Signe de la volonté de développer ce mode de transport, la RATP vient de signer un accord avec Ofo. Une quarantaine de vélos sont répartis aux abords de stations du tramway T3 en guise d’expérimentation à partir de la mi-septembre pour encourager la multi modalité.
Tarif : 0,50€/20 min

En scooters :
Paris est probablement la ville la plus avancée dans le développement du scooter en libre-service. Avec Coup et Cityscoot, la capitale accueille plus de 5.000 scooters électriques.
https://www.youtube.com/watch?v=5vvdJj-wj1w
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L’application disponible pour iPhone et smartphone Android permet de géo-localiser les scooters disponibles et de les réserver. Le scooter se déverrouille à l’aide d’un code à usage unique reçu sur son téléphone. Une fois la course terminée, le scooter est reposé et la course terminée sur l’app.
Tarif : 0,20€/min

Pour les déplacements en voiture :
Hormis l’offre pour des déplacements individuels, une solution à plusieurs ou sur de plus longues distances reste la voiture.
Déjà bien implanté, le service Yea ! est proposé par Citiz à Bordeaux, Grenoble, Lyon, Strasbourg et Toulouse. Un service équivalent est disponible à Nice sous le nom d’Izzie (Auto Bleue)
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Aussitôt la fin d’Autolib’ consommée, Renault et PSA ont annoncé chacun le lancement d’une offre en free-floating dans Paris et sa périphérie.
Renault et Ada lancent ensemble leur service baptisé “Moov’in.Paris by Renault. 120 véhicules électriques (100 Renault ZOE et 20 Renault Twizy ) sont déployés pour une première phase de test en ce mois de septembre.
Renault fournit les véhicules électriques et en assure la maintenance et la réparation. De son côté, la société ADA propose son expertise grâce à son application digitale dédiée à la location de véhicules de très courte durée. Elle. Son service client gèrera le service après-vente ainsi que la facturation pour le compte de Renault.
PSA a fait part également du lancement de son offre Free2Move avec un déploiement prévu pour le dernier trimestre 2018.
Tarif : 1,50 € le quart d’heure + 0,37 €/km pour Yea!

Et maintenant, faites place aux trottinettes :
La start-up américaine Lime, fondée à San Mateo dans la Silicon Valley, a choisi Paris pour déployer ses trottinettes en Europe. Depuis cet été, elle met à disposition des parisiens plusieurs centaines d’engins. Le modèle a été co-développé avec Segway et officiellement lancé début 2018 dans plusieurs villes américaines, dont San Francisco.
Comme pour les vélos partagés, il suffit d’un smartphone Android ou Apple et d’un moyen de paiement bancaire pour géolocaliser la trottinette la plus proche puis la débloquer.
Les concurrentes, Bird sont également déployées dans la capitale.
Tarif : 1€/course + 0,15 centimes par minute d’utilisation.

Quels effets de la multiplication des offres en free-floating

Les municipalités encouragent la recherche de nouveaux modes de mobilité, à fortiori lorsqu’il s’agit de moyens de transport propres.
Toutefois, l’afflux d’offres amène à réguler les usages. En effet, l’occupation de l’espace urbain, et notamment des trottoirs par les vélos, trottinettes et scooters déposés après usage peut devenir gênante.
Certains s’en plaignent d’ailleurs sur les réseaux sociaux.
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Pour pallier le manque de savoir-vivre de certains usagers, la ville de Paris a fait signer en juin dernier une charte de bonne conduite aux opérateurs de service en free-floating.
Elle mentionne ainsi que les scooters ont interdiction de stationner sur les trottoirs, sous peine de verbalisation. Les vélos, s’ils sont tolérés, doivent respecter la « réglementation en faveur des personnes à mobilité réduite » (laisser une largeur minimale de cheminement de 1,4 m, sur les trottoirs ou la chaussée). « Le vélo de manière générale, ne doit pas constituer un obstacle, encore moins un danger ». Les opérateurs doivent assurer une maintenance et récupérer les véhicules cassés dans les 24 heures.
La municipalité réfléchit également à une redevance pour l’utilisation de l’espace public.

Dans cette créativité au service de la mobilité, reste à inventer des modes de transport en partage et propres pour tous ceux qui ne vivent pas (encore) dans les grandes villes.

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